Samedi 28 janvier 2012
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Une dépêche de l’AFP, daté du jeudi 26, nous apprenait : « Le rendement des obligations à 10 ans du [Portugal] se situait jeudi à près de 14 %, au plus haut de puis la création de
la zone euro. C’est le niveau qui était celui de la Grèce en juillet 2011… »
Pendant ce temps là, que font donc nos grands argentiers et nos experts, sinon auto-proclamés, au moins reconnus par le « système financier » que le candidat socialiste affecte de
vouloir combattre ? Et bien, ils s’efforceraient de trouver une pseudo-sortie – acceptable (par les marchés financiers) – à la crise des dettes publiques de la Grèce, qui n’ont plus
‘souveraines’ que de nom, au moment même où un nouveau ‘chantier’, un nouveau tonneau des Danaïdes, se profile à l’horizon.
Le Portugal est, de fait, sur une pente fort dangereuse : ses prévisions de décroissance (de « croissance négative » diraient certains chantres de la litote et de la pensée unique)
varient entre moins 3 % et moins 10 %.
Là encore, c’est comparable – avec un décalage d’une année ou deux – à ce qui s’est passé en Grèce depuis 2009-2010. La même médication des « Diafoirus » de l’économie, qu’ils soient ou
non des émissaires du FMI, de la BCE ou de Bruxelles, aura les mêmes effets néfastes.
Sous prétexte de la mise en place de procédures de rigueur – il faut bien ‘punir’ ceux qui ont trop dépensé (et surtout pas punir ceux qui ont trop gagné, en prêtant à prix d’or de l’argent
qu’ils ne possédaient même pas) – on va imposer une politique absurde, qui consiste à faire produire moins pour rembourser plus.
Non, non, vous avez bien lu. La procédure à suivre, c’est bien de s’engager dans une politique consistant à ce que le PIB des pays ‘sur-endettés’ diminue, tout en leur demandant de rembourser
davantage…
Ces plans absurdes de rigueur ne s’arrêtent pas là, bien sûr. Il faut tout faire pour que les créanciers, les banques et les marchés financiers, y perdent le moins possible : d’où les deux
seules mesures, qui ont véritablement du sens (de leur point de vue, celui de « la finance »).
Tenter de « refiler » le mistigri, celui des dettes douteuses, les actifs ‘toxiques’, à d’autres créanciers plus ou moins crédules et, surtout, demander aux pays eux-mêmes, c’est-à-dire
aux contribuables, de tout faire pour tenter de rembourser une dette dont le montant vertigineux rend cette issue plus qu’improbable.
Dernière ruse, que ces experts de la haute finance s’efforcent encore de cacher : réussir à ce que la Grèce, ou le Portugal – d’autres pays sont sur la liste … – ne fassent pas
officiellement défaut (cela déclencherait un cataclysme financier lié aux tristement fameux CDS, cataclysme dont la déroute de Lehman Brothers, en septembre 2008, ne serait qu’une pâle
anticipation) – alors que ces mêmes experts – et les ‘marchés’ – admettent déjà que 50 % de la dette grecque ne sera jamais remboursée. Mais, de leur point de vue si on peut faire profiter
marchés et banques de cette annulation de la dette de Grèce pour en retirer encore quelques menus profits en se payant sur les intérêts pharamineux qui lui ont été demandés (et qui sont en train
d’être demandés au Portugal : 14 % d’intérêt, cela signifie que le principal double en 4 ans et demi), pourquoi s’en priver.
Marine Le Pen est la seule à dénoncer ouvertement cette mafia financière, cette hyper caste où les riches, de moins en moins nombreux, sont de plus en plus riches, pendant que 80 % de la
population de ces pays, lourdement endettés, vont continuer à s’appauvrir. Pendant ce temps là, le candidat qui se voit déjà président continue à faire croire qu’il veut faire payer les riches,
telle une Arlette Laguiller ressortie des oubliettes de l’histoire.
Tribune libre de Bruno Lemaire, conseiller spécial de Marine Le Pen pour l’Economie, le Budget et la Fiscalité
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