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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 15:03

~~~~ Luc Ferry, un des philosophes français les plus connus, a dit tout le mal qu’il pensait de la réforme du collège et des programmes mardi matin sur RTL. Il les qualifie de « débiles, nuisibles, partisans et ridicules ». Ça a le mérite de la clarté ! Alain Finkielkraut est également très sévère : il parle d’une réforme destructrice. De même, Régis Debray s’oppose à cette réforme. Mais il n’y a pas que des philosophes qui s’opposent aux projets de madame Vallaud-Belkacem. Le sociologue Jean-Pierre Le Goff dénonce une réforme qui « signe la mise à mort de l’école républicaine ». Le romancier Jean d’Ormesson dénonce les « Attila de l’éducation » dans une lettre ouverte au président de la République. Le romancier et essayiste Pascal Bruckner craint une école qui devienne « le véhicule de l’ignorance et du non-savoir ». Le linguiste Alain Bentolila juge que le projet renforcera les inégalités en baissant la qualité de l’enseignement.

Nous pourrions continuer la litanie des savants, pas toujours connus du grand public, qui s’opposent à cette réforme du collège. Il est vrai que tous les projets de réforme de l’école se sont heurtés, dans le passé, à des oppositions. Mais jamais avec une telle violence de la part de spécialistes reconnus. Face à cette volée de bois vert, que répond le ministre ? Qu’il s’agit de critiques de « pseudo-intellectuels » qui n’ont pas lu le projet. De deux choses l’une. Ou madame Vallaud-Belkacem a raison et c’est très inquiétant pour le niveau culturel et intellectuel de la France : ces pseudo-intellectuels sont quand même académiciens, chercheurs au CNRS, professeurs d’université, etc. Ou madame Vallaud-Belkacem est un phare de la pensée, bien supérieure à tous ces trissotins. Ou, troisième hypothèse peu probable quand on sait la qualité de ce gouvernement, madame Vallaud-Belkacem dit n’importe quoi faute d’arguments.

Revenons à la critique de M. Ferry. En l’écoutant, nous ne pouvons nous empêcher de penser « Ah, quel bon ministre de l’Éducation nationale ne ferait-il pas ! » Mais, au fait, il l’a été ! Près de deux ans dans les gouvernements Raffarin. Et c’est pendant qu’il était à ce poste que les innovations pédagogistes que sont les IDD (itinéraires de découverte) et les TPE (travaux personnels encadrés) ont été mis en place. Dispositifs identiques, dans l’esprit, aux EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) du nouveau projet et dont tous les enseignants savent à quel point ils favorisent le copier-coller et l’à-peu-près au détriment du savoir maîtrisé et de la rigueur. Il est vrai que la critique du philosophe porte plus sur le projet de programme que sur la réforme du collège elle-même. Il n’empêche, l’esprit est le même et cela signifie que les ministres passent et que les Frankenstein de la pédagogie restent au pouvoir au ministère. Et qu’ils ont d’autant plus de pouvoir que le (ou la) ministre est falot.

La première réforme à accomplir pour un ministre de l’Éducation nationale courageux, soutenu par un Président également courageux (c’est dire si c’est peu probable), serait de virer ces malfaisants responsables, depuis plus de vingt ans, de l’abêtissement dramatique de la jeunesse française. M. Ferry ne l’avait pas eu, ou du moins le président de la République de l’époque, Jacques Chirac, ne l’avait pas eu.

Pierre Van Ommeslaeghe (professeur de philosophie)

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