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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 09:06

~~~~ « Ir-ré-vo-ca-ble » ! La demoiselle de la Commission avait sorti son gros bâton, une obscure porte-parole, pas un commissaire, même pas Juncker. Les Grecs avaient signé. Pas le droit de sortir ! Streng verboten ! C’était en janvier 2015, avant la victoire de SYRIZA aux élections. Preuve, s’il en était besoin, qu’à Bruxelles le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, base de nos démocraties, on se le met où je pense.

Comme l’avait compris Philippe Séguin, l’Union européenne fonctionne à la manière d’un cliquet, en interdisant de revenir en arrière, d’où le caractère irrévocable des traités. Sauf cas de force majeure, l’accident. Aussi, depuis trois mois, en Allemagne, on discute mezza voce du GREXIT, ou Greece Exit en globish : la sortie de la Grèce de la zone euro 1. Le très orthodoxe ministre des Finances Wolfgang Schäuble vient de reconnaître à demi-mot qu’un plan B existait bien pour la Grèce, au cas où elle ferait défaut par accident sur sa dette, compte tenu du jeu de poker menteur et du chantage au moratoire auxquels se livre le gouvernement Tsípras, et parce que plus personne ne sait ce qui entre et sort des caisses de l’État grec

. Ce qui n’était ni envisageable ni souhaitable deviendrait possible. Les Grecs, qui n’ont plus rien à perdre puisqu’un quart de leur richesse a déjà disparu et le quart de leur population reste au chômage, peuvent montrer la voie à tous ceux qui veulent se libérer du carcan de la monnaie unique. La perspective d’une débandade générale, des mauvais élèves qui ne voudraient plus de l’austérité et des bons qui refuseraient de payer pour les autres, ne serait pas à exclure. On comprend mieux la stratégie ouvriériste du FN et son aversion pour l’euro dont elle a fait la pierre de touche, contre les pragmatiques et libéraux de son camp qui maugréent sur la démagogie gauchiste de la ligne économique, et voudraient se rapprocher des électeurs de l’UMP, qui craignent comme le diable l’instabilité monétaire et les crises financières. Ce sont deux logiques de classes qui s’affrontent, entre épargnants et petits propriétaires préoccupés de la valeur de leur patrimoine, et les couches populaires laminées par le chômage et la baisse de leurs revenus du fait des politiques de déflation compétitive et de rigueur, et qui auraient intérêt au retour à une monnaie nationale. Les ouvriers et les employés représentent toujours 60 % de l’électorat en France contre 25 % pour la classe moyenne et c’est le cocktail de souverainisme, d’étatisme et de colbertisme à la sauce Philippot qui a permis au FN de passer d’un étiage de 10-15 % des voix à 25-30 % aux dernières élections, prises pour l’essentiel dans l’électorat populaire. Dans sa stratégie de conquête du pouvoir, le FN parie sur des crises majeures à venir, et sur un effondrement corrélatif du PS ou de l’UMP qui rendrait superfétatoire la question des alliances. Le parti a aussi infléchi son discours en envisageant non pas une sortie unilatérale de l’euro mais la coexistence négociée de deux monnaies, l’une nationale et l’autre européenne, dite commune, histoire de ménager la chèvre des possédants et le chou de la France qui se lève tôt.

À court terme, nos partenaires européens ne l’accepteraient pas, mais à long terme, tout est possible, comme le cas grec le démontre. 1.Dire que la France ne compte plus pour rien dans le directoire Bruxelles-Berlin-Francfort qui gouverne notre continent est un euphémisme. ↩

Stephan A. Brunel

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