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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 16:05

~~ Depuis des mois, ils grattaient à la porte. Plus ou moins discrètement. L’un, sans vergogne mais du moins sans hypocrisie, miaulait soir et matin comme un matou affamé dans la cour des palais de la République. L’autre, sans doute en quête de douceurs, s’aplatissait langoureusement sous les caresses. La troisième, après avoir maintes fois et hautement affirmé son entière indépendance, démentait de plus en plus mollement les rumeurs de plus en plus insistantes qui mettaient en doute la fermeté de sa résolution. La porte du gouvernement s’est enfin ouverte. La porte, ou plutôt la chatière, par laquelle ils se sont faufilés sans se faire prier. Emmanuelle Cosse, Jean-Vincent Placé et Barbara Pompili avaient enfin accédé au nirvana, l’une avec le titre de ministre, les deux autres comme simples secrétaires (d’État, quand même) à la faveur du récent remaniement. Fût-ce pour une durée et avec des attributions limitées, l’opération, maintes fois annoncée et longtemps différée, semblait avoir du sens. Il s’agissait, pour le Président, d’élargir la représentativité de son gouvernement et, en y réintroduisant une composante et une préoccupation écologistes, de couper l’herbe sous le pied des Verts tentés par la dissidence, voire l’opposition.

Nul ne doutait que les transfuges eussent, en retour, négocié et obtenu les garanties qui justifieraient leur ralliement à leurs propres yeux, auprès de leurs anciens camarades et dans l’opinion. Il leur a fallu déchanter. À peine admis dans la maison, il leur était signifié sans ménagement qu’il n’y avait pour eux plus de place à la grande table. En charge respectivement de la Réforme de l’État et de la Simplification, et de la Biodiversité, Placé et Pompili n’avaient aucune autorité sur aucune administration. Sans crédits, sans dossiers à défendre, c’est tout juste si on consentit à leur dénicher où loger dans les combles de quelque hôtel particulier du faubourg Saint-Germain. Quant à Emmanuelle Cosse, justement en charge du Logement, où l’on venait à peine d’effacer les dernières traces du passage en force de Cécile Duflot, elle était instamment priée de ne remuer ni pied ni aile qu’elle n’en eût reçu l’autorisation, dont elle comprit bientôt qu’elle ne viendrait jamais.

Les trois complices avaient rêvé de grands banquets républicains. Au moins eurent-ils droit, dans les débuts, aux miettes du festin, dont ils s’accommodèrent bon gré mal gré. Mais, ces derniers temps, à cette modeste pitance a succédé une pâtée avariée qu’on leur sert de mauvaise grâce dans des écuelles ébréchées. Il n’est plus de jour, en effet, qu’ils n’apprennent par la rumeur ou par la presse que telle ou telle mesure a été adoptée, telle décision prise, sans qu’ils aient été consultés ou informés, qui vont directement à l’encontre des idées et des valeurs qu’ils étaient censés porter, défendre et illustrer dans l’équipe où ils étaient entrés.

C’est l’annonce d’un référendum sur Notre-Dame-des-Landes, quand Emmanuelle Cosse avait fait de l’abandon pur et simple du projet la condition sine qua non de sa participation.

C’est la validation d’un permis de recherche du gaz de schiste sur 4.000 kilomètres carrés de l’Ardèche. C’est le renvoi à 2018 de la fermeture de Fessenheim.

C’est la prolongation de dix ans de la durée de vie de l’ensemble des centrales nucléaires… Autant de gifles, autant de camouflets publiquement infligés à trois malheureux, désormais tricards chez les Verts et ouvertement snobés par les Roses.

Ce mépris sanctionne une évidence qui aurait évité au président de la République et à son Premier ministre l’erreur classique que constituent les débauchages individuels. Mme Cosse, Mme Pompili, M. Placé (« tous ces noms dont pas un ne mourra, que c’est beau ») ne représentent qu’eux-mêmes. Ils n’ont apporté au gouvernement que leur appétit et leur couteau. Les voilà victimes d’un tri sélectif qu’ils n’avaient pas prévu.

À propos de choses incomparablement plus sérieuses, Winston Churchill stigmatisait les signataires des accords de Munich. « Ils ont accepté la honte pour éviter la guerre », disait-il. « Ils ont eu la honte et ils auront la guerre. » Les trois écolos rigolos ont accepté la honte pour accéder au pouvoir. Ils ont eu la honte et ils n’ont pas le pouvoir.

Dominique Jamet

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