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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 08:21

Pierre Moscovici n'aura pas savouré longtemps sa «victoire». Au cours d'une visite à Berlin, mardi, le ministre français des Finances s'est réjoui d'un changement de cap en Europe, où «la nécessité de la croissance est mieux prise en compte», après le délai de deux ans accordé par la Commission européenne à la France pour juguler ses déficits. Alors que son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, jouait l'apaisement pour calmer l'incendie provoqué la semaine dernière par les critiques antiallemandes du Parti socialiste français, un nouveau coup de semonce est venu de Bruxelles.

La Commission européenne a demandé à la France, mardi, de mener des réformes structurelles «audacieuses» pour améliorer sa compétitivité, qui s'est fortement détériorée depuis dix ans. Le commissaire chargé des Affaires économiques, Olli Rehn, a souligné que la France doit mettre à profit le délai accordé par Bruxelles, pour «mener des réformes structurelles de grande ampleur». «C'est important pour la France elle-même, pour les Français, pour que la France puisse débloquer son potentiel de croissance pour créer des emplois», a-t-il insisté. Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a lui aussi appelé Paris, mardi, à réformer en profondeur son économie. «Les objectifs chiffrés sont moins importants que les efforts structurels», a-t-il dit.

Se contentant de réaffirmer l'engagement au «sérieux budgétaire» de la France, Moscovici n'a pas exposé la moindre piste de réforme nouvelle à Berlin. «Nous ne voulons pas de surajustement pour notre pays, nous ne voulons pas faire des plans d'austérité, qui vont plus loin que ce qui est nécessaire», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse commune avec Wolfgang Schäuble.

De son côté, le ministre allemand des Finances s'est montré très conciliant avec son partenaire français. Ainsi, il a jugé que le délai accordé par Bruxelles est «une réponse adaptée», alors que cette mansuétude a déclenché les foudres de nombreux ténors conservateurs et libéraux de la coalition de la chancelière. «Les règles européennes nous offrent suffisamment de marge de manœuvre», a-t-il déclaré, ajoutant faire «confiance à la Commission et à la France».

Schäuble a aussi fait un geste concernant l'union bancaire, se déclarant en faveur de sa mise en œuvre rapide sur la base des traités existants. Il est ainsi revenu sur ses propos tenus le mois dernier, lorsqu'il avait jugé indispensable une réforme du traité de Lisbonne, signé en 2007, avant la concrétisation de l'union bancaire, afin de poser «des bases juridiques solides et incontestables». Ces déclarations avaient froissé Paris… Cependant, ces ouvertures allemandes sont restées sans contrepartie française concrète sur les réformes. Et le discours tenu par Moscovici dans la matinée devant les étudiants de la Freie Universität de Berlin n'est pas de nature, non plus, à rassurer les élites politico-économiques allemandes. Il a notamment réclamé de nouveaux mécanismes de «solidarité», réitérant la demande française d'«émission de dette en commun dans la zone euro»… Un casus belli pour le gouvernement de centre droit d'Angela Merkel.

Des réformes structurelles incontournables

La semaine passée, le ministère allemand de l'Économie avait laissé fuiter un document interne dressant un état des lieux catastrophique de l'économie française. Le document pointe notamment que la pression fiscale y est la plus importante au sein de la zone euro et que la France investirait trop peu dans la recherche et le développement. Merkel juge incontournables les réformes structurelles permettant la réduction des dépenses de l'État, la libéralisation du marché du travail ou encore la refonte des systèmes de protection sociale, ou encore le report de l'âge de la retraite.

Son ancien conseiller économique, Jens Weidmann, président de la Bundesbank et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a enfoncé le clou, mardi. «L'objectif, ce n'est pas que les pays européens soient compétitifs les uns par rapport aux autres», a-t-il déclaré lors de la conférence de presse commune avec Schäuble et Moscovici, soulignant ainsi la nécessité de réformes structurelles visant à renforcer la compétitivité dans toute la zone euro. «L'objectif, c'est que l'Europe entière soit ­compétitive, a-t-il précisé. L'ob­jectif, ce n'est pas de réduire la ­compétitivité allemande par rapport aux autres pays, qui n'en bénéficieraient pas non plus.»

Weidmann reprend ainsi un appel de la chancelière selon lequel ce n'est pas à «l'Allemagne de s'aligner sur les pays médiocres»… Pour Berlin, il est urgent que la France se ressaisisse, si elle ne veut pas ­sombrer dans cette catégorie. ( le Figaro)

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