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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 09:37

Trop souvent, la question de la souveraineté est réduite au seul combat européen. Elle est pourtant l’alpha et l’oméga de toute politique, pour ainsi dire son autre nom : à la souveraineté nationale opposable aux empiètements des empires et des hégémonies extérieures, s’ajoute un autre versant la souveraineté de l’État, qui est son autorité même face aux féodalités intérieures, et un troisième, la souveraineté culturelle, celle de notre civilisation, cet essentiel de nous-même que nous ont légué nos héritages, principes, traditions et rêves, et dont il faut regarder en face le piètre état. Pour beaucoup, la menace principale est l’islamisation, dont les coups de boutoir donnent froid dans le dos ; mais il y a une autre menace, cette américanisation rampante qui modifie notre représentation de l’univers, et jusqu’à notre langue. Mais ne sont-elles pas liées ?

En France, il ne se construit plus d’abattoir dont les plans ne soient conformes aux prescriptions du Coran, et orientés donc vers la Mecque ; chose à la fois effrayante et normale, la grande majorité des Français, qu’ils le sachent ou non, consommant de la viande « hallal » ; effrayante surtout si elle conduit à la question que les plus entichés de résistance laïque ne se posent pas toujours : comment expliquer que tout un peuple se laisse imposer rites et contraintes d’une religion qui lui est extérieure ?

À retourner la question, on n’aperçoit qu’une réponse : avant l’islamisation qui répand ses stigmates sur des pans entiers de notre vie sociale, nous nous étions déjà perdus de vue nous-mêmes, nous étions déjà passés à autre chose, un univers culturel et mental plus séduisant et surtout mieux servi par le sort des armes et les innombrables machineries mises au service du principe qui mène le monde, le Commerce.

Quand les troupes américaines débarquèrent en France en 1917, prenant une part vite présentée comme décisive dans la victoire de 1918, quand elles revinrent en 1944 dans de semblables conditions, quand les États-Unis se donnèrent pour libérateurs universels, tout l’accastillage des « industries culturelles » du disque au film, fut tenu pour supérieur et autorisé à pénétrer dans nos cerveaux : dès 1923, un savetier de Limoges appelait Weston ses chaussures modernes en hommage au « grand peuple américain », et tout se qui se voulait inventif n’écoutait plus que de la musique, ne regardait plus que des films, ne songeait plus qu’à l’art ou la manière de vivre américains — au point que notre langue est désormais truffée d’anglo-ricain, que la plupart des entretiens d’embauche ont lieu dans cette langue, à Paris comme en Province, que quiconque baragouine dans ce sabir parait plein des promesses de l’avenir, et quiconque l’ignore ou s’y refuse passe pour un plouc dépassé.

Rien n’y a fait, ni le communisme, ni le gaullisme et rien n’est plus cruel que ce couperet d’Henri Gobard : « De Gaulle se faisait une certaine idée de la France pendant que les Français se faisaient une certaine idée de l’Amérique » : c’est sur ce terreau ravagé, cet humus abandonné que pousse et prospère tout à l’aise l’islamisme, et rares sont ceux qui osent voir les deux crocs d’un même piège qui se nomme la colonisation culturelle.

J’écris ces lignes dans un train. Trouvé sur la banquette, un journal m’apprend que, jeudi dernier, 21 novembre, cinq des six principales chaînes de télévision ont diffusé des productions américaines. Cela depuis combien d’années ? Nos cerveaux étaient déjà ailleurs, nos églises déjà presque vides, nos ambitions politiques déjà bornées à l’absorption dans l’Europe de Bruxelles, Francfort, Washington, et du « grand marché atlantique » avant que l’islam ne pénètre et s’installe tout à l’aise comme au milieu du désert.

Du moins reste-t-il une ultime citadelle, l’ultime for intérieur, notre langue ; de vaillants conscrits la défendent ici ou là, tels les membres du jury de la « Carpette anglaise » qui récompense chaque année, début décembre, un Français qui s’illustre dans l’usage d’une langue qui est d’abord celle de l’Empire, et qu’il annone tel un esclave. Doutons que le nom du lauréat de cette année se trouve un jour dans les pages d’un journal abandonné sur la banquette d’un train serpentant parmi les bocages en friche, les lotissements en progrès et les brouillards humides d’un soir de novembre…

 Paul Marie CouteauxPrésident du S.I.E.L

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Published by National & Populaire
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