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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 18:08

 

Il est de bon ton à l’heure où Marine le Pen maîtrise l’ordre du jour des thématiques politiques, de relancer la procédure obsolète des invectives et autres caricatures en tous genres, pour tenter de discréditer toute ligne politique située à la marge de celles défendues par la caste UMPS.

Ainsi et alors que de nombreux hommes et femmes politiques de gauche comme de droite, relayent les critiques légitimes émises par la présidente du Front national sur le bilan de la mondialisation, les petits Torquemada des lobbys d’influence gesticulent à coups d’éditoriaux infamants et d’interviews mal ficelées en vue d’enrayer l’opinion négative partagée par des millions de Français à l’égard de la politique d’ouverture de la France à tous les vents, qu’ils soient financiers, économiques ou humains.

On ne saurait s’étonner dès lors qu’Alain Faujas, éditorialiste au Monde, s’égosille dans des comparaisons hasardeuses entre la démondialisation et l’esprit de la ligne Maginot ; esprit défaitiste et pacifiste qui l’aurait sans doute animé, lui le « modéré » s’il avait connu les années trente, puisque les seuls dissidents qui contestaient la conception défensive de la guerre et appelaient de leurs vœux à une intervention militaire en Allemagne suite à la remilitarisation de la Ruhr, écrivaient dans L’Action française. Pour d’autres rebelles en herbe, adeptes du point Godwin, à l’image de Pascal Lamy, directeur de l’impotente OMC (Organisation mondiale du commerce), le protectionnisme nous replongerait dans les années sombres de la Grande dépression de 1929 ; vulgaire anachronisme qui lui permet de qualifier la démondialisation de : « concept réactionnaire ».

 

Ces deux exemples sont révélateurs d’un réflexe de défense quasi religieux de toute une élite qui se rassure avec les bonnes grâces de son histoire officielle. La mondialisation néo-libérale s’apparente à une église qui fixe les contours de la grille d’analyse des crises dont elle est la seule responsable, pour diaboliser toutes les pensées alternatives qui voient dans le protectionnisme ou le patriotisme économique autre chose qu’un instrument de repli et de déclin.

Pour mettre un terme aux deux poncifs soulevés plus haut par nos ayatollahs mondialistes, il convient donc de connaître les véritables causes de la crise des années trente ainsi que la dynamique qu’elle a engendrée sur l’économie mondiale. En s’appuyant sur l’étude des faits, nous montrerons que loin d’être perçus comme des objectifs en soi par les États, le capitalisme et la libéralisation des échanges demeurent des instruments de puissance économique qu’il faut délaisser lorsqu’ils desservent les intérêts des États en question ; le protectionnisme octroyant un regain de puissance régulatrice des grands dysfonctionnements de l’économie mondiale.

I — Le protectionnisme n’est pas la véritable cause de la Grande dépression de 1929

Les théoriciens officiels de l’économie libérale imputent la responsabilité de la crise des années trente aux réflexes protectionnistes des États. Or, comme le démontre parfaitement Jacques Sapir, économiste à l’EHESS, la contraction du commerce international résulte en réalité de l’effondrement des liquidités (c’est-à-dire les moyens de paiement), cette chute fulgurante n’étant que la conséquence du krach de Wall Street qui engendra une crise du crédit sans précédent. Pour corroborer cet exemple, Jacques Sapir remarque que : « La production intérieure des grands pays industrialisés régresse plus vite que le commerce international ne se contracte. Si cette baisse avait été la cause de la dépression, on aurait dû avoir l’inverse. » De plus, si la part des exportations dans le PIB mondial passe de 9,8 % à 6,2 %, elle était à la veille de la crise largement inférieure aux 12,9 % atteints pour l’année 1913. On conclura donc au moyen de ces données que la cause principale de la crise des années trente est à rechercher dans l’explosion de la bulle financière plutôt que dans les tentations protectionnistes. Cette analyse est confirmée par notre seul prix Nobel d’économie, Maurice Allais qui déclare dans son ouvrage La Mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance : « Le protectionnisme n’a été qu’une conséquence de la Grande dépression. »

Mais allons plus loin et traitons le cas de la France. Alors que toutes les nations s’engluent dans la crise, la France connaît une relative prospérité jusqu’en 1931. C’est la dévaluation de la livre sterling, conjuguée à l’effondrement du dollar, qui font entrer la France dans la dépression. En effet, conséquemment au franc fort, les prix des produits exportés grimpent et deviennent 20 % supérieurs à ceux du marché mondial. Pire, avec les décrets Laval de 1935, l’État décide une réduction drastique de 10 % de ses dépenses publiques, ce qui a pour conséquence directe d’aggraver l’état de santé déjà fébrile du marché intérieur. Par conséquent, si l’on tire les enseignements de la crise de 1929 pour la France, on doit constater qu’un franc fort a entamé les exportations, qu’une réduction des dépenses de l’État a accéléré l’atonie de la demande intérieure et que la faillite des banques a pénalisé le financement des entreprises. En aucun cas le protectionnisme n’a été un facteur déterminant dans cette crise mondiale.

Mais surtout si sous observons les parallèles existant entre les années trente et la situation actuelle en 2011, nous sommes dans l’obligation d’admettre de nombreuses similitudes. Tout d’abord l’euro s’apprécie chaque jour face à un dollar en baisse et un yuan maintenu artificiellement à un niveau très faible. L’euro fort pénalise nos exportations puisque depuis sa mise en circulation, la France doit faire face à un déficit de sa balance commerciale de plus en plus abyssal, atteignant pour l’année 2010 près de 54 milliards d’euros. Enfin, la France connaît une crise du crédit sans précédent et un affaiblissement de l’État engendré par le démantèlement de ses services publics et de sa capacité d’intervention dans la sphère économique. Ces symptômes ne peuvent être expliqués par le protectionnisme inexistant en l’état actuel des choses. Par conséquent, la crise que nous connaissons est une crise de la mondialisation face à laquelle nous ne pouvons répondre par plus de mondialisation.

II — Le protectionnisme est un facteur de puissance et d’équilibre face à la loi de la jungle

Contrairement à une idée communément reçue, l’ordre économique de libre échange imposé par l’OMC n’est respecté que par les États qui y trouvent leurs intérêts. Nous évoluons dans une mondialisation à deux vitesses où les règles drastiques anti-protectionnistes ne sont pas respectées par tous.

Les Américains, soit disant assimilés aux élèves modèles de l’économie libérale, redoublent d’astuces pour préserver certains secteurs stratégiques. Déjà à la fin du XIXe siècle, l’État fédéral américain mettait en œuvre des politiques interventionnistes et protectionnistes (tarifs douaniers sous McKinley et programme de construction navale afin de fournir un débouché à l’industrie lourde). Mais aujourd’hui, à l’heure du libre-échange, les Américains n’hésitent pas à faire échouer des appels d’offres remportés par Airbus pour préférer Boeing. En janvier 2009, suite à la crise des subprimes, ils ont triplé leurs droits de douane sur le roquefort importé de France, sur le chocolat, les jus de fruits ou encore les légumes. L’Allemagne, considérée par beaucoup comme le modèle à suivre, a adopté en avril 2008 une loi rendant nécessaire une autorisation pour tout investissement étranger supérieur à 25 % du capital dans des domaines d’infrastructures stratégiques (nucléaire, pétrole, mines, pêche).

Pour les pays en voie de développement, c’est la même politique : l’Inde a augmenté ses droits de douane sur le soja, le fer et l’acier au point que ces derniers atteignent 20 % de leur valeur hors taxes des biens produits. En Chine, tous les professionnels du bâtiment savent qu’il leur est impossible de pénétrer le marché de l’Empire du milieu, vigoureusement protégé par l’État. Pendant ce temps, les entreprises chinoises ont tout loisir de construire avec leur main d’œuvre importée pour l’occasion, une autoroute en Pologne financée en partie par l’Union européenne. Enfin, le Japon pulvérise tous les records avec un tarif douanier de 800 % sur le riz étranger. À ceux qui brandissent le risque des mesures de rétorsion, celles-ci sont déjà en œuvre et c’est à la France de réagir pour ne plus subir un pillage organisé de son économie. Certes certains pays sanctionneront peut être certaines mesures de taxation, mais la France pourra trouver des débouchés ailleurs en renforçant son partenariat avec la Russie, en allant conquérir les marchés du Proche et du Moyen-Orient, ou encore en valorisant son influence sur le pourtour méditerranéen. Les mesures de rétorsion pourront être compensées ainsi avec des accords bilatéraux de libre-échange, respectueux des normes écologiques, sociales et économiques des différents pays.

Au travers de ces chiffres, la politique protectionniste des États est une réalité de tous les jours et n’a cure des vœux formulés par les belles âmes de l’OMC. Loin d’être un facteur de repli et de déclin économique, elle permet au contraire de réguler les désordres et les dysfonctionnements de l’économie mondiale. C’est notamment la thèse défendue par Maurice Allais. Le protectionnisme n’est pas une fin en soi mais un moyen de regagner de la compétitivité et donc de la puissance dans la bataille de la mondialisation. Mieux, il peut permettre, comme l’explique l’économiste allemand Friedrich List, théoricien du protectionnisme éducateur, de faire croître des secteurs d’activité à l’état embryonnaire. Le protectionnisme n’est que la première étape qui doit voir naître en France une politique industrielle ambitieuse et innovante dans l’optique de relocaliser les emplois. Il permettra à la France de retrouver sa part qui lui revient dans les secteurs automobile, aéronautique, de la micro-électronique ou encore de l’énergie. Ainsi et comme le préconisait Maurice Allais, la France pourra mettre fin au pillage de son économie par des multinationales qui n’ont aucun scrupule à délocaliser.

Le projet porté par Marine Le Pen, loin de plonger la France dans le chaos social, augurera une nouvelle prospérité qui verra renaître les fleurons qui ont fait la fierté du pays. Cette initiative fera renaître une vague de prospérité au sein même de l’Europe libérée du joug bruxellois.

Antoine MELLIES

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Published by National & Populaire
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