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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 20:33


TRIBUNE - Le président du parti Souveraineté, indépendance et liberté (SIEL), allié de Marine Le Pen, explique pourquoi le clivage droite-gauche se recompose, en France, depuis des siècles.

manifestationPaul-Marie Coûteaux a été député européen souverainiste de 1999 à 2009. Il est le fondateur et le président du parti Souveraineté, indépendance et libertés (SIEL) depuis 2011. Proche de Marine Le Pen, il est tête de liste «Rassemblement bleu Marine» dans le VIe arrondissement de Paris pour les municipales de 2014.

Longtemps, j'ai tenu le clivage droite/gauche pour un piège, rêvant d'une vaste union des Français au dessus des partis, ce que de Gaulle appelait «le rassemblement des Français sur la France», espérant que les esprits s'en détacheraient assez pour protéger au moins le préalable à l'existence même d'une politique quelle qu'elle soit, cette souveraineté qui est la condition de toute politique. Hélas, à peu près toute la gauche a abandonné l'idée de souveraineté nationale au bénéfice du dépassement européen et d'un mondialisme qu'elle prend pour un internationalisme, en sorte que, même sur la question cardinale de la nation, le vieux clivage s'est reconstitué. Le triste isolement de JP Chevènement ne fait que souligner combien l'idée de la souveraineté a déserté ses rangs et n'est plus compris qu'à droite - cette droite nationale dont il faut bien sûr exclure la plus grande partie des dirigeants et cadres des centres, y compris l'UMP...



Droite/gauche: l'opposition est plus ancienne et plus profonde qu'on ne croit. On en percevait déjà des traces au XVIème siècle, quand l'installation des premiers imprimeurs, puis éditeurs autour de la Sorbonne distinguait un esprit «rive-gauche» d'une «rive-droite» institutionnelle et commerçante. Ce couple d'opposition n'en finit pas d'évoluer: à la fin du XVIIème siècle avec la Querelle des Anciens et des Modernes, puis un siècle plus tard dans les assemblées révolutionnaires autour de la question du véto royal et, en arrière fond, celle de l'égalité. Finalement, le dépassement du clivage est resté une chimère qui est le fait d'hommes de droite tendant la main à des gauches qui, aussi plurielles soient-elles, savent toujours s'allier pour rejeter l'autre camp dans les ténèbres. «Celui qui se dit ni de droite ni de gauche, disait Alain, on peut être sûr qu'il n'est pas de gauche»...

«Hélas, à peu près toute la gauche a abandonné l'idée de souveraineté nationale au bénéfice du dépassement européen et d'un mondialisme qu'elle prend pour un internationalisme»
Paul-Marie Coûteaux

Ainsi de Gaulle, dont c'est une galéjade que de nous faire croire qu'il n'était pas un homme de droite. Si il a certes répété cette phrase tant citée et mal comprise «Ce n'est pas la droite, la France! Et ce n'est pas la gauche!», il n'entendait pas nier pour autant qu'elles existassent l'une et l'autre; il voulait dire que ni l'une ni l'autre ne pouvait s'accaparer la France, laquelle est au-dessus de tout cela, comme il faut toujours le garder à l'esprit. Mais il n'en fut pas moins un homme de droite, au moins à deux titres.

D'abord, on peut aimer la France comme être historique global et appartenir à certains de ses traditions plutôt qu'à d'autres: et c'était bien le cas du Général qui s'afficha dans les cercles monarchistes Fustel de Coulanges ou le groupe Temps présent, démocrate-chrétien et farouchement anti-communiste En 1940, à Londres, il fit enlever de tous les documents de la France Libre la devise républicaine pour la remplacer par «Honneur et Patrie», une des devises des Ligues - ce qui le fit longtemps passer à gauche pour un factieux plus ou moins monarchiste. Par la suite, il gouverna avec des hommes «de droite» bien plus que «de gauche», ces derniers provoquant son départ en 1946, et criant ensuite au «Général réactionnaire», au temps du RPF (parti nettement à droite et sans complexe, doté certes d'une solide doctrine sociale -mais c'était celle de l'Eglise), comme en 1958, en 1962, et encore en 1968. Il lui arriva d'ailleurs de dire, le 1er mai 1950, que le goût de l'argent des hommes de droite était moins grave que le séparatisme et la négation des droits de la nation...

«Les mirages soixante-huitards ont submergé depuis belle lurette la vieille gauche...»
Paul-Marie Coûteaux

En second lieu, on oublie que la volonté gaullienne de faire travailler ensemble droite et gauche «à une même oeuvre française» dépendit beaucoup, comme toujours, des circonstances: à partir de 42, la résistance intérieure venant en partie des gauches, il n'était pas question de la diviser, et d'autant moins qu'il y avait encore, en ce temps-là, d'authentiques patriotes de gauche; de même à la Libération quand tout une génération se jeta dans l'oeuvre de reconstruction nationale, ce dont il resta des traces jusqu'aux premières décennies de la Vè République... Hélas, ces circonstances sont bien passées, et les mirages soixante-huitards ont submergé depuis lurette la vieille gauche qui pouvait se dire encore nationale et républicaine...

Le clivage s'est donc recomposé, retrouvant peut-être l'ancienne opposition des Classiques et des Modernes: d'un côté les modernistes fanatisés par l'idée de dépasser la Nation, de déconstruire l'Etat et de détruire la Civilisation; de l'autre des esprits classiques gardiens des points cardinaux de la politique française, ses principes et ses valeurs multi-séculaires. Les classiques ne recoupent certes pas ce qu'on entend aujourd'hui par «droite» puisqu'une grande partie de ses porte-parole les bafouent pour complaire à la pensée dominante. Mais un nouveau classicisme est partout en germe, comme le montrent les grandes manifestations qui se succèdent depuis un an. Il peut renouveler la droite autour de paradigmes simples tels la tradition, la liberté, l'identité, la famille ; il reste certes à unir ses composantes et reformuler son corps de doctrine...

 

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Published by National & Populaire
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