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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 12:17

Dans des propos rapportés par le journal Le Parisien, le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg balaie la grossière et traditionnelle propagande de l’UMP et PS qui cherche en toute circonstance à assimiler la dévaluation de la monnaie à un cataclysme ou au chaos.

Il dit en effet : « L’Europe est la seule région au monde qui, cinq ans après la crise financière, n’a pas retrouvé la croissance. L’euro est trop cher! S’il y avait une baisse de 10% du taux de change par rapport au dollar, nous augmenterions notre richesse nationale de 1,2%, on créerait 150 000 emplois et on réduirait le déficit de 12 milliards. Et si l’euro baissait de 20%, on comblerait le déficit extérieur, créerait 300 000 emplois et réduirait d’un tiers le déficit ! »

En ce sens, il donne raison aux analyses monétaires du Front National qui, à l’instar de nombreux économistes, voit dans l’euro cher une des principales causes de notre désindustrialisation, de la croissance nulle et du chômage de masse.
Arnaud Montebourg nous aide à ouvrir sereinement le débat sur l’euro, loin des caricatures habituelles d’un système arc-bouté sur l’existant et soucieux d’éviter toute discussion de fond.

Mais Arnaud Montebourg commet une faute logique : au-delà de se lamenter, quelle action concrète et responsable depuis des mois qu’il fait ce constat mais que l’euro ne baisse pas ? Que fait-il constatant qu’à l’évidence ni la BCE ni l’Allemagne ne souhaitent une dévaluation de la monnaie unique ? Comment peut-il accepter de n’avoir aucune prise sur la politique monétaire de la France alors qu’il dit lui-même avec raison que la monnaie est une arme essentielle du redressement ?

S’il veut sortir de l’incantation et œuvrer réellement au service de la réindustrialisation, Arnaud Montebourg ne doit pas stopper sa réflexion au milieu du chemin. Il doit reconnaître que nos pays ont intérêt à retrouver leur monnaie nationale et donc la maîtrise de leur politique monétaire pour pouvoir obtenir cette bouffée d’oxygène, pour avoir la maîtrise stratégique de leur économie et renouer avec une croissance forte et durable.

Il doit admettre que 95% des pays du monde ont leur monnaie nationale et que l’euro est une anomalie dans le monde, une anomalie qui n’est pas éternelle.

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Published by National & Populaire
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