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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 22:40

Le Sarko-Circus est reparti en tournée. Comme tous les artistes en fin de carrière, il prolonge son spectacle après une fausse sortie. L’ancien président a d’abord lancé sa campagne publicitaire, puis donnera ses premières représentations. Il compte reprendre la gestion du chapiteau, le remettre à neuf, changer le nom de la firme. En somme, il parie que les Français n’auront rien appris et tout oublié, sauf qu’il a été un meilleur président que Hollande. Comme dirait ce dernier, ce n’est pas difficile, ce n’est pas dur… À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. La comparaison qui enthousiasme les militants demeurés à l’UMP, est évidemment défavorable au locataire actuel de l’Élysée pour la majorité des électeurs de droite, et plonge dans le désarroi ou la fureur ceux de gauche qui sont conscients du désastre présent.

À l’UMP, on plébiscite le retour. À droite, on l’attend, mais près de deux Français sur trois ne le souhaitent nullement. De quoi et de qui la France a-t-elle besoin ? Avant tout, de lucidité et de courage ! Depuis quarante ans, à quelques exceptions limitées près – Barre ou Balladur –, le pays a été conduit par des politiciens démagogues, accrochés au pouvoir et tremblant à l’idée de dire la vérité aux Français et de conduire les réformes qui s’imposaient. On attendait Thatcher et on a eu l’immobilisme chiraquien et l’agitation stérile de Sarkozy. Jamais la France n’aurait accepté Maggie ? Soit, alors notre pays enlisé dans sa social-démocratie paralysante sous la droite comme sous la gauche aurait pu procéder aux changements nécessaires, comme cela s’est fait dans les pays scandinaves qui partagent avec nous les records des dépenses publiques, ou comme Schröder l’a imposé à l’Allemagne pour son plus grand profit. Mais ni Chirac ni Sarkozy ne l’ont osé, le premier ayant renoncé depuis décembre 1986, le second ayant masqué par une habile gesticulation le fait que ses annonces ne seraient pas suivies d’effets, et pourraient même précéder des effets inverses aux annonces.

Que penser, par exemple, du rapport entre la répression proclamée de la récidive et la loi pénitentiaire de 2009, avant tout destinée à éviter la surpopulation dans les prisons ? À propos de récidive, peut-on faire confiance, d’ailleurs, à un récidiviste ? Je ne fais pas allusion aux affaires, mais aux promesses. Comment croire celui qui, à chaque fois qu’il remonte en scène, affirme qu’il a changé ? Élu nettement à droite en 2007, il a aussitôt pratiqué l’ouverture à gauche, pour revenir très à droite lors de la campagne de 2012. Cette fois, il sera au centre, parce qu’à droite, Marine Le Pen est plus solidement établie, que la gauche a déçu, et que son concurrent le plus redoutable (Alain Juppé) occupera cette place qu’il est urgent de ne pas lui abandonner. Un positionnement, une posture ! Pas le moindre début d’une conviction ! Une énergie exceptionnelle sans autre but que le pouvoir ! Dix ans de communication incessante dont on découvre, jour après jour, l’absence de résultats ! On devait en finir avec les grèves dans les transports… On devait en finir avec l’afflux des migrants clandestins à Calais… On devait relancer l’industrie, comme il l’avait affirmé à Douai… Et c’est dans le Nord qu’il vient donner son premier « show », là où l’UMP a fait élire député européen l’apparatchik Lavrilleux, lourdement impliqué dans l’affaire Bygmalion ! (Christian VANNESTE)

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Published by National & Populaire
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