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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 16:58

 Sarkozy vient d'inventer la laïcité à géométrie variable. Il faut hélas en convenir, notre président a perdu le sens commun. La France n'est plus gouvernée et l'obsession de sa réelection le pousse à faire n'importe quoi. C'est grave car l'année qui vient va être l'année de tous les dangers.

L'article ci dessous de l'excellent Philippe Bilger procureur général est à lire et à méditer.

 

Il y a eu le débat organisé par l’UMP sur l’islam et la laïcité. Sur tout ce qui dans la religion musulmane en particulier pouvait apparaître difficilement compatible avec notre espace républicain et notre vie sociale. Certes il ne s’agissait pas de stigmatiser « la communauté arabo-musulmane » mais il n’empêche que cette dernière s’est sentie clairement visée et l’a fait savoir.

Le 11 avril est entrée en application la loi anti-burqa interdisant le port du voile intégral aux femmes dans les lieux publics et les administrations. Déjà des interpellations ont été effectuées, des avertissements donnés et des amendes infligées sur le fondement de ce nouveau texte.

Plus généralement, au-delà même des interventions et discussions officielles, comment ne pas percevoir une focalisation nette sur les musulmans et la religion musulmane ? Pour ma part mon désir de voir respectée et intégrée encore davantage l’immense majorité des premiers et reconnue la seconde s’accompagne d’un souci de rigueur à l’encontre de ceux qui transgressent nos lois en demeurant sans titre en France, ou pire, en y commettant délits et crimes.

On n’aurait rien dû savoir.

Officiellement, la laïcité, pour le président de la République, son gouvernement et le parti majoritaire, constituait une exigence non négociable qui évidemment ne devait souffrir aucune exception. Qu’elle soit battue en brèche au bénéfice d’une religion et tout le dispositif s’écroulait. Il n’avait de sens que s’il était absolument impartial dans l’affirmation des droits et des devoirs régissant les obligations confessionnelles confrontées à l’existence civile. Nicolas Sarkozy n’avait-il pas affirmé, ce qui renforçait le caractère important de la démarche entreprise : « On s’en est très bien sorti malgré la crise d’hystérie » ?

 

Mais les citoyens n’étaient pas prévus ni les sites sur internet, et d’abord Mediapart, pas davantage qu’un haut fonctionnaire révolté (lepoint.fr, Marianne 2, nouvelobs.com). La discrétion a volé en éclats et les principes ont révélé leur face cachée : ils sont destinés parfois à être oubliés.

La Pâque juive (Pessah) se déroulera du 18 au 26 avril. Une circulaire du 2 décembre 2010 a indiqué quelles étaient les « dates religieuses protégées ». Ne sont pas mentionnées les fêtes religieuses juives du 20 et du 26 avril. Dans ces conditions claires, le respect du principe de laïcité ne pouvait que conduire au refus de la moindre dérogation pour ces deux dernières dates.

Pourtant de grandes Ecoles – Centrale, Supélec, Ponts et des Mines – qui avaient prévu des épreuves les 20 et 26 avril ont été invitées fermement à adapter les examens écrits à la Pâque juive. il se serait agi, pour des étudiants juifs pratiquants, de demeurer confinés, sans aucun contact avec l’extérieur, durant les journées du 20 et du 26 avril pour ne concourir qu’à partir de 22 heures et jusqu’à deux heures du matin.

Cette exception aurait été sollicitée par le rabbin Haïm Korsia, aumônier général de l’Armée de l’Air et proche de Nicolas Sarkozy et il semble que l’Elysée, conscient des risques d’une telle dérogation et d’un tel privilège, aurait envisagé des modalités diverses dont la plus sûre aurait été celle que j’ai décrite si on en croit une correspondance publiée par Mediapart.

Si j’ose un souvenir personnel, cela a comme un parfum qui me rappelle la manière dont l’appel dans l’affaire Fofana a été décidé.

Si ce concours parallèle réservé aux juifs pratiquants est en effet projeté, c’est grave parce qu’on ne saurait tolérer que l’Etat détruise en catimini ce qu’il affiche publiquement et qui a pour le moins offensé une partie de la communauté musulmane. Il semble d’ailleurs que certaines associations juives alertées aient manifesté leur opposition à ce futur tour de « passe-passe » tandis que le président du Consistoire central et le grand rabbin de France défendent le principe de cette dérogation.

Arielle Schwab, toujours prompte à justifier le sort particulier concédé à quelques membres de l’Union des étudiants juifs de France dont elle est la présidente, déclare que « c’est un problème qui concerne quatre à sept élèves juifs très pratiquants qui se trouvaient dans une situation compliquée avec d’un côté la volonté de suivre la Pâque juive et de l’autre leur désir très présent de réussir leurs études ». Je ne méconnais pas la réalité de cet écartèlement. Mais les femmes voilées, tous les couples qui réclament dans la quotidienneté des infléchissements et des exclusions que la laïcité n’a justement pas à tolérer, ne sont-ils pas soumis au même conflit entre leur foi et les règles de la société civile ? J’ai été favorable au vote d’une loi contre le port du voile intégral dans certaines circonstances et en certains lieux. Mais il est évident que je me serais davantage interrogé si j’avais pu craindre que de manière clandestine on déferait au bénéfice d’une religion ce que la démocratie et la laïcité imposaient, et sans exception possible, à une autre.

Une laïcité à la carte n’en est plus une. Si l’Etat ne tient pas sa parole mais joue sur un double registre, pas étonnant, alors, que la société ne s’apaise pas mais s’aigrisse. Mais, comme le pire n’est pas toujours sûr, selon le dernier état de l’information, il n’y aurait « aucune exception pour les étudiants juifs très religieux ».

Grâce aux médias ?

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Published by National & Populaire
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