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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 11:03

Reviendra ? Reviendra pas ? La plaisante question ! Est-il jamais parti ? A-t-il cessé un moment depuis sa défaite, sitôt passés le choc et l’inévitable défaillance d’un soir, de suivre de près l’actualité, d’analyser, de critiquer, de commenter, de convier indifféremment à sa table et de tester les amis sûrs et les soutiens éventuels, de distiller à son habitude compliments et vacheries, de rencontrer au cours de ses déplacements les grands de ce monde, pendant cinq ans ses pairs, de peser ses chances, de guetter en sniper professionnel la fenêtre de tir et l’instant où la cible serait à sa portée ?

Revenir ? Ne pas revenir ? Autant dire être ou ne pas être… mais revenir pour quoi faire ? Eh bien, pour « tout changer » naturellement, pour faire de la politique « autrement », pour faire revivre la République et la démocratie, pour faire en somme pendant les cinq ans d’un éventuel deuxième quinquennat ce qui n’a pas été fait, ou qui a été mal fait pendant le premier. Vaste programme, et d’autant plus séduisant qu’il est plus flou et qu’agrémenté du mot magique et passe-partout de « changement », ce même grigri fétiche qu’agitait François Mitterrand en 1981 ou François Hollande en 2012 il est censé garantir celui qui le porte contre les balles, l’adversité et lui valoir le retour d’affection de masses crédules et politiquement analphabètes. Reste à traiter avec l’agence de communication qui saura faire passer le message et bien sûr à trouver l’indispensable financement de la campagne dont on ne peut se dispenser. La routine…

En vieux routier de la politique politicienne, Nicolas Sarkozy comptait bien choisir la date et la forme de son retour du cap Nègre, et voler tel un aigle de la rue de Miromesnil à la rue du faubourg Saint-Honoré sans faire le détour de la rue de Vaugirard. Le temps et les circonstances en ont décidé autrement. L’intérimaire impopulaire et discrédité qui était censé tenir la maison et s’effacer le jour venu brutalement mis à la porte et désormais hors jeu, trois anciens Premiers ministres ont pris en main les commandes, la préparation d’un congrès refondateur et l’organisation de la primaire statutaire à laquelle l’ancien président de la République entendait se soustraire. Chaque jour suscite de nouveaux candidats à l’élection interne censée précéder l’élection présidentielle et l’insolence toute nouvelle de jeunes prétendants donne de l’audace aux vétérans blanchis sous le harnois, les uns pressés d’entrer en lice, les autres bien décidés à ne plus laisser passer leur tour et à ne pas lui céder la place sans combat. Celui qui entendait réapparaître comme le sauveur providentiel acclamé par la foule subjuguée devra-t-il se soumettre aux règles d’une lutte à la loyale et au verdict de plus en plus incertain des militants, voire des sympathisants ?

Encore faudrait-il qu’il en ait la possibilité et c’est ce que les premiers développements et les suites prévisibles du scandale Bygmalion remettent en question. Le bilan désastreux du quinquennat de Nicolas Sarkozy, sa manière d’être et de faire, son culte révérencieux de l’argent, les relents de corruption qui émanent de son proche entourage, l’affaire Karachi et quelques autres dont se poursuit l’interminable instruction étaient autant de casseroles bruyantes qui accompagnaient sa marche sans l’entraver. Politiquement, personnellement et moralement contesté, l’ancien chef de l’Etat était jusqu’à présent passé entre les mailles de la justice. Il pourrait en aller autrement cette fois-ci. Comme ce fut le cas il y a quelques années lorsque Jacques Chirac n’échappa aux condamnations qu’il encourait normalement que par la grâce du silence et de l’abnégation d’un certain nombre de ses proches collaborateurs – entre autres Michel Roussin et Alain Juppé – l’impunité et la suite de la carrière de Nicolas Sarkozy sont désormais entre les mains des quelques initiés qui en toute connaissance de cause violèrent dans l’espoir d’assurer sa réélection les dispositions du Code électoral. Pousseront-ils eux aussi le dévouement jusqu’à se taire et à payer la note de leur patron ?

Si tel ou tel d’entre eux craquait, s’il apparaissait que le premier magistrat de la République, normalement garant de la Constitution, et censément exemplaire, a bien été le donneur d’ordre des grossières manipulations financières qui ont été récemment révélées, Nicolas Sarkozy ne serait pas seulement disqualifié sur le plan de la moralité, mais devrait en vertu de la loi être frappé d’inéligibilité, du moins s’il était traité comme n’importe quel justiciable. Ce n’est plus une batterie de casseroles mais un boulet qu’il traînerait après lui et qui, en lui interdisant de participer à la course, règlerait définitivement la question de son retour. (DOMINIQUE JAMET)

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Published by National & Populaire
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