Selon nos informations, l’élu centriste a été cité à comparaître par le parquet de Paris devant le tribunal correctionnel pour un dossier de marché public. Il a par ailleurs été condamné fin décembre à 5 000 € d’amende pour attribution illégale de marché public, dans le cadre confidentiel d’une procédure de plaider-coupable à Paris. Enfin, Jean-Christophe Lagarde a dû discrètement rembourser (51 712 €) à la municipalité de Drancy les frais qu’elle avait indûment engagés au profit de l’association politique du maire. En justifiant de ce paiement en janvier dernier, il s’est évité d’autres poursuites judiciaires.
L’enquête préliminaire, confiée à la brigade de répression de la délinquance économique, s’est achevée en novembre 2011. Au terme d’une longue réflexion, le parquet de Paris a classé sans suite la plainte pour prise illégale d’intérêts. Les investigations n’ont, en effet, pas permis d’établir que l’adjointe au maire « était intervenue à un quelconque moment dans la conclusion ou l’exécution des marchés publics à ladite société ».
En revanche, pour Oxygène, l’enquête a confirmé que « des règlements de factures avaient été indûment pris en charge par la municipalité ». Comme la loi le permet, le parquet a indiqué à Jean-Christophe Lagarde qu’il engagerait des poursuites, sauf s’il remboursait l’intégralité des sommes, ce que l’édile a fait. Ce volet a donc été classé.
Mais l’enquête a révélé deux autres dossiers gênants pour l’élu. L’attribution illégale d’un marché public à une société de location de matériel événementiel s’est donc réglée en décembre 2012 par une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, le plaider-coupable. C’est un autre marché, accordé à un architecte pour la tribune du stade Guy-Môquet, à Drancy, qui vaudra à l’élu, présumé innocent, d’être jugé.
« J’ai fait en conscience mon devoir de citoyen en attaquant le maire, factures à l’appui, réagit Ugo Portier-Thomassin, le plaignant. Aujourd’hui, il semble que mes inquiétudes sur des pratiques malhonnêtes étaient largement fondées. En 2010, Lagarde m’a traîné dans la boue dans un courrier à ses administrés. Aujourd’hui, preuve est faite que ce n’est pas moi qui ai menti. »