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Après la Grèce, l'Espagne.

Pendant qu'en France on parle des "risques démocratiques " que font courir les primaires socialistes ou des turpitudes de tel ou tel homme politique, le FMI sort un rapport alarmiste sur l'économie espagnole.

 Après la Grèce, on fait chauffer le chaudron espagnole. Pendant ce temps, à Bruxelles Madame Lagarde donne des gages à ses futurs patrons américains. Tout va bien.

"Le Fonds monétaire international a dressé mardi un constat sévère de l'économie espagnole, saluant les réformes menées mais mettant en garde contre les "risques considérables" qui la menacent, à un moment-clé de regain de tensions en Europe autour de la Grèce.

"Le (travail de) réparation de l'économie est incomplet et les risques sont considérables", écrit le FMI dans ses conclusions préliminaires d'une mission d'évaluation en Espagne.

Le Fonds reconnaît que "la réponse politique aux défis économiques de l'Espagne au cours de l'année passée a été solide et ample, ce qui a aidé à renforcer la confiance des marchés".

Le gouvernement socialiste espagnol a réformé son marché du travail et son système bancaire, tout en reculant l'âge du départ à la retraite. Il a aussi appliqué de nombreuses mesures d'austérité pour réduire ses dépenses.

"Cette amélioration de la confiance des marchés qui en a découlé a été décisive non seulement pour l'Espagne mais aussi, compte tenu de la taille systémique de l'Espagne, pour toute la zone euro dans son ensemble", écrit le FMI.

Néanmoins, les risques dominent, avec à court terme une possible aggravation des conditions financières pour le pays et à long terme une croissance toujours faible et un chômage très élevé.

"Le chômage est à un haut niveau inacceptable", critique le FMI, alors que le pays affichait au premier trimestre le taux 21,29%, un record dans l'OCDE.

"Pour atteindre les objectifs de réduction de déficit à moyen terme, il faudra certainement des mesures supplémentaire", estime le Fonds, comme de nouvelles mesures d'économie ou des privatisations.

Le gouvernement s'est fixé comme objectif prioritaire de réduire le déficit public à 6% du PIB en 2011 et 3% en 2013, après 9,24% en 2010.

"Le plus gros risque pour 2011 est que certains gouvernements régionaux puissent encore rater leur objectif", s'inquiète le Fonds, alors que le ministère de l'Economie a révélé récemment qu'au premier trimestre, seule la moitié des 17 régions autonomes présentaient un déficit conforme à l'objectif.

L'organisme appelle à plus de transparence au niveau des finances régionales, avec une publication de leurs comptes tous les trimestres, et à une attitude plus stricte à leur égard de la part du gouvernement central, alors qu'elles bénéficient d'une grande autonomie.

Le rythme des réformes "reste un défi urgent, il ne peut pas y avoir de relâchement" dans ce domaine, insiste le FMI. "Certains des problèmes sous-jacents de l'économie espagnole, surtout la faible croissance de la productivité et le dysfonctionnement du marché du travail, doivent encore être réglés pleinement", note l'organisme, ajoutant que "cela signifie que les réformes menées doivent être renforcées".

Il s'agit notamment de "rendre plus crédible la consolidation fiscale", de "boucler la réforme du secteur financier" et de "renforcer courageusement les réformes du marché du travail pour réduire fortement le chômage". Le FMI évoque la nécessité, selon lui, de rendre plus flexible la négociation collective, de renoncer à l'indexation des salaires sur l'inflation et de diminuer encore les indemnités de licenciement.

Ce constat sévère survient alors que l'Union européenne fait face depuis plusieurs semaines à un regain de tensions des marchés autour de la Grèce, qui a demandé de nouvelles aides, et du Portugal, qui a conclu un plan de sauvetage en mai.

Il arrive aussi quelques jours après une manifestation, dimanche, de dizaines de milliers d'Espagnols à Madrid, pour protester contre la crise et les mesures d'austérité qu'elle entraîne"

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