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Christophe Borgel, secrétaire national du PS en charge des élections, dit plutôt vrai dans un communiqué, si l'on considère le résultat du premier tour de la cantonale partielle dans le Var, ce dimanche. Le candidat du Front national Laurent Lopez se qualifie pour le second tour, face à l'UMP Catherine Delzers, tandis que la gauche, représentée par deux candidats (PCF et EELV) est éliminée dès le premier tour. "Si on additionnait les voix du Parti communiste et des Verts, là on était au deuxième tour", a calculé David Assouline, porte-parole du PS, devant des journalistes, ce lundi midi.
Ce n'est pas la première fois que cette configuration se présente: le précédent Villeneuve-sur-Lot a marqué les esprits en juin dernier. Là aussi, le PS avait dénoncé la désunion de la gauche qui avait débouché sur un second tour UMP-FN après l'élimination du candidat PS. A Brignoles, en revanche, les socialistes n'avaient pas de candidat portant leur étiquette. Mais le parti soutenait le candidat communiste Laurent Carratal et avait appelé la représentante écologiste Magda Igyarto-Arnoult à se retirer de la course.
Le camp communiste s'en prend aujourd'hui à elle de façon claire: "C'est elle qui met le candidat du FN en position de l'emporter au second tour", estime le PCF dans un communiqué.
Alors qu'EELV concentrait toutes les attaques du PS au lendemain de la déconfiture de Villeneuve-sur-Lot, cette fois, la direction du parti s'en prend à une autre formation de gauche: le Front de Gauche. Quand Jean-Luc Mélenchon estime que "l'Elysée est le plus grand pourvoyeur de voix pour le FN", David Assouline renverse la charge: "A force de taper sur le PS, cela ne fait que nourrir un climat de confusion et d'indifférenciation entre la gauche et la droite. Ce climat ne profite pas au Front de Gauche, mais au FN."
Et de s'en prendre à la stratégie de Jean-Luc Mélenchon qui veut incarner une alternative à gauche: "Il n'y a pas d'alternative à gauche à ce gouvernement. L'échec du gouvernement, c'est la victoire de la droite et de l'extrême droite. Mentir et dénigrer [l'action du gouvernement], ça avantage qui? Marine Le Pen", estime David Assouline.
Ca dépend. Christophe Borgel a en partie raison. A l'élection présidentielle, Marine Le Pen avait obtenu 2445 voix au premier tour dans la ville de Brignoles, mais au niveau du canton, elle atteignait 4647 voix. Soit bien plus que le score du candidat FN ce dimanche, avec 2718 voix obtenues. On peut parler de recul. Mais il est moindre en réalité. Car il faut y ajouter le score du candidat dissident ex-FN Jean-Paul Dispard, qui a glané 612 voix. L'extrême droite est donc forte, ce dimanche, de 3330 voix.
En outre, d'autres chiffres montrent même une progression du FN localement alors que David Assouline assure que l'extrême droite est "à peu près stable" aux élections cantonales. En 2011, le FN obtenait 2757 voix. En 2012, il en remportait 2734. Le nom de son candidat à l'époque? Jean-Paul Dispard... passé à la dissidence désormais, sous la bannière du Parti de la France, autre formation d'extrême droite. Avec 3330 voix portées sur son nom et le score du candidat FN officiel ce dimanche, le poids du FN aux cantonales grimpe donc nettement.
Comme le souligne Christophe Borgel, l'abstention a été forte ce dimanche à Brignoles. Les autres partis en ont pâti (-2100 voix pour le PCF, -600 pour l'UMP, -300 voix pour EELV, par rapport aux cantonales de 2011) alors que le score du candidat FN officiel restait stable, faisant mécaniquement grimper son poids en pourcentage. La perte de terrain est plus importante à gauche qu'à droite. Logique pour les observateurs: "Le peuple de gauche se mobilise traditionnellement moins que le peuple de droite", expliquait récemment deux chercheurs en science politique, David Djaïz et Gaël Brustier, auteurs d'une note sur la rénovation du PS pour la Fondation Jean Jaurès.
"Je n'esquive aucune responsabilité, il faut aller convaincre les abstentionnistes", a commenté David Assouline qui veut "engager une campagne de grande proximité pour convaincre les électeurs de gauche d'aller voter en démontrant les dangers de l'abstention". Et pour les persuader, quelle méthode? "Valoriser ce que fait le gouvernement et qui commence à porter ses fruits." Compte tenu des sondages de satisfaction à l'égard de François Hollande ou Jean-Marc Ayrault, régulièrement négatifs, le PS a du pain sur la planche avant les élections municipales et européennes de mars et mai 2014.