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Gaullistes et souverainistes pour la reconquete avec Marine Le Pen
Quiconque observe l’évolution du paysage politique ne peut qu'être frappé par l'éclatement des mouvements,
partis ou coteries, émiettement qui révèle non seulement un défaut général de représentativité des élus, mais
aussi, chose encore plus grave, l’impossibilité de formuler une volonté populaire nettement majoritaire,
laquelle serait pourtant la seule façon de mettre un gouvernement en mesure de gouverner. Faute habituelle du
"système des partis", comme disait de Gaulle, qui constatait que "les partis ne sont pas faits pour servir la
France mais ceux qui la dirigent" (in Claude Guy "En écoutant de Gaulle") ; faute gravissime quand les partis
ne concourent même plus à la formation de majorités fortes et se dispersent en machines électorales tout juste
bonnes à faire des voix, mais pas un gouvernement. Sans doute est-ce là l'une des conséquences de l'oubli
funeste du souci de Souveraineté, tout simplement parce que le peuple n'est souverain que si la nation l'est
elle-même, si l'Etat l'est vis à vis des féodalités intérieures, si la civilisation qu'il porte et qui le forme est
protégée par des frontières et sait résister à ce qui la subvertit,
l'hégémonie culturelle américaine comme l'invasion progressive
du territoire par des populations allogènes incapables d'en
partager l'histoire, les moeurs, les principes et le droit : la
souveraineté une fois pulvérisée, le point de communion qui
pendant des siècles unissait notre peuple disparaît avec elle, il
n'y a plus qu'un pauvre émiettement social, culturel et politique
nous menant tous et si doucement à la plus noire anarchie.
C'est pourquoi nous regardons comme un devoir, et peut-être un
sacrifice, d'élargir la base idéologique et sociologique, encore
trop faible, de la candidate que nous avons soutenue à l'élection
présidentielle, Marine Le Pen, et cela quoi qu'il en coûte, quel
que soit le risque de n’être pas compris des uns et rejeté par les
autres -notons que, depuis les premiers ralliements de militants
UMP de la Somme, du Val d'Oise, de Gironde, d'Isère ou des
Bouches du Rhône, puis, en mai, notre lettre à MM. Fillon et
Copé les invitant au réalisme, le dernier nommé interdit aux
membres de l'UMP toute rencontre avec des membres du
SIEL... Tant il est vrai que les états-majors des partis craignent
comme la peste ceux qui troublent leur jeu confortable : pour
eux, rien n'est plus dangereux que les solitaires qui entendent
transcender les frontières partisanes pour former de véritables
rassemblements populaires, toujours exposés à leurs tirs
conjoints...
Or, jamais, c'est l'honneur de la Res-publica depuis Clovis, un
parti ne peut gouverner seul - on le vit encore entre juillet 1968
et avril 1969 où l'UDR fut seule au pouvoir, périlleuse situation
qui dura dix mois et inquiéta fort le Général de Gaulle, lequel
savait que sa légitimité s'en trouvait fragilisée, ce qui d'ailleurs
s'avéra vite, et cruellement...
Contre vents et marées, avec qui le voudra, je persiste donc selon les voies que j'ai tracées, toujours persuadé
que, malgré la regrettable atonie du RBM, seule Marine Le Pen est en mesure de créer une dynamique
majoritaire, c'est-à-dire de construire, en l'absence de monarchie populaire (et de prétendant...), une forte
légitimité politique sans laquelle il n'y aura jamais de gouvernement véritable, i.e. de gouvernement capable de
gouverner, c'est-à-dire de prendre, s'il en est encore temps, les terribles mesures capables de retenir in extremis
la France sur les pentes où nous la voyons rouler de toutes parts.
Un parti, non ; un rassemblement, oui
De Gaulle encore : "les partis peuvent gagner des élections, mais rien d'autre". Quel parti, du reste, est
aujourd'hui à la hauteur des immenses défis qu'affronte la France ? A gauche, l’atonie et la désunion ne cessent d'affaiblir la légitimité fort mince de M. Hollande, l’opposition frontale de deux des ministres principaux sur le sujet brûlant de la sécurité, la dissidence de plusieurs autres devant son indifférence aux pressants enjeux écologiques, la perte d’autorité de M. Désir sur un parti déchiré sur toutes les questions, de la Syrie aux retraites, n'étant que la partie visible d’un iceberg qui glace la gauche dans l'impuissance depuis qu'elle a abandonné le ressort qu'elle réinventa en 1789, la souveraineté et la légitimité populaires, abandonnant ainsi, sans hélas le comprendre, toute pensée historique, toute ambition historique, et finalement l'Histoire. Le vieux ressort de la Souveraineté et de la légitimité qui sous mille formes fit la France, celle des rois, des empereurs et quelquefois des Républiques ne se voit plus nulle part dans ses rangs (ou presque), et surtout pas à ses extrêmes, eux-mêmes dispersés et désunis, ni même au sein de syndicats peinant à mobiliser malgré la détérioration des conditions de vie d'une majorité de Français. Bref, la gauche entière est inaudible, en bout de course ; il n'y a rien à en attendre, sinon des électeurs qui, pour en être justement revenus, ne guettent plus tant un discours social qu'un discours national -n'oublions pas que, avant les chimères socialistes et communistes, ce qui se nommait encore le peuple français était national, intelligemment conservateur, et largement "de droite" -ce que fut le gaullisme, socialistes et communistes n'ayant d'ailleurs prospéré qu'en abandonnant les chimères "internationalistes" pour épouser fugitivement la cause nationale à la faveur, si l'on peut dire, de la première puis de la deuxième guerre mondiale.
En fait de morcellement, le "centre" bat tous les records : il y a l'écurie de M. Morin, celle de M. Borloo, celle de M. Bayrou, auxquelles s'ajoutent les coteries des UMP les plus mondains, les antigaullistes à la NKM, à la Juppé et autres -bonne chance à qui tente de voir clair dans cette pauvre mare où il y a plus de crocodiles qu’il n’y a d’eau... Il en va de même à l’UMP, où le tableau de la désunion est complet entre ceux qui penchent vers le centre au point d’y tomber, ceux qui lorgnent vers Marine au point d'y succomber (trop souvent hélas inpetto), et, entre eux, la masse des "profiteurs d'abandon et débrouillards de la décadence", comme disait le Général au temps du désespoir, qui ont abandonné tout souci national pour le seul souci de carrière, et qui grouillent en tous sens à la recherche d'un micro ou d'une vedette médiatique qui les arrachent un temps à leur irrémédiable obscurité. Et ne parlons pas des souverainistes et des gaullistes dispersés, que nous connaissons si bien et que nous aimons mais qui, faute d'une quelconque perspective gouvernementale, et quelquefois même d'une quelconque trace de culture d'Etat, grenouillent et scribouillent à qui mieux-mieux dans le désert.
C’est bien là que s'inscrit notre rôle, à nous autres du SIEL : nous devons écouter ce que cherchent tant
d’orphelins en quête d’une force politique qui, rappelant les points cardinaux de la politique immémoriale de
la France, les rassemble sur l'essentiel d'elle-même pour former une volonté nationale. Que cherchent Béatrice Bourges, dont on lira ici l'excellent entretien, et les jeunes du si vaillant Printemps Français, que cherchent le"Parti de la vie" de Jean-Claude Martinez, que cherchent nos amis qui se veulent d'abord chrétiens, tel XavierLemoine et bien d'autres élus UMP plus ou moins entrés en dissidence, que cherchent Renaud Camus et tousceux qui, eux aussi en ordre dispersés, tentent de mobiliser les Français contre le "Changement de peuple et de civilisation", que cherchent les militants de "Debout la République" et ceux qui se désespèrent au fond de cequi reste du MPF ? Ils cherchent un vaste rassemblement national faute duquel ils savent bien que leurs initiatives resteront sans suite -et la France aussi, probablement...
Notre responsabilité est donc immense : à nous de réunir tous ceux que dégoûte l'hégémonie soixante-huitarde,
toux ceux que choque l'existentialisme triomphant qui tord et dénature toute chose, les nations, les êtres, la
nature en toutes ses essences et pour commencer la nature humaine, jusqu'à celle des hommes et des femmes ;
à nous d'unir tous ceux qui se dressent en désordre contre les dictateurs du néant, les décervelés assoiffés de
chaos et les jouisseurs d'anarchie, à nous de dépasser les appareils et de surmonter la dispersion générale pour
parler à tous les orphelins de la France - en veillant toujours à le faire avec amitié, compréhension, patience et, s'il le faut, avec complicité. A nous, membres ou amis du SIEL de prendre nos compatriotes par la main pour
les conduire sur les voies du Rassemblement national, où chaque Français trouve toujours sa place.
Paul-Marie Couteaux
Président de SIEL