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On travaille en France sous contrat roumain au tarif roumain

 Pendant qu'on embauche des travailleurs sous contrat roumain payés au SMIC roumain  les travailleurs français " trop chers" sont au chomage et pointent au Pôle Emploi.

Depuis près de trois mois, la DCNS-Lorient (une entreprise dont le capital appartient à 25 % à l’Etat, il s’agit des ex-Constructions navales militaires) est agitée par un scandale interne qui en dit long sur les actuelles pratiques patronales et qui, de surcroît, prouve le niveau de complicité de certains syndicats réformistes.

Tout commence au premier trimestre 2011. Un salarié du site de la DCNS-Lorient,  employé dans une filiale d’une entreprise sous-traitante de la DCNS, contacte la CGT. L’homme, ressortissant roumain, souhaite récupérer les bulletins de salaire des deux dernières années, qu’on ne lui a jamais remis, et se plaint de sa paie. Vérification faîte, celle-ci s’éleve à moins de 500 euros par mois et est calculée … sur le Smic roumain !

Effectuant alors une rapide enquête, les syndicalistes découvrent que huit autres salariés de cette société, tous roumains, sont payés de la même manière. Pire, la CGT estime qu’une centaine d’autres intérimaires étrangers présents sur le site sont dans la même situation, mais qu’ils refusent de parler car ils craignent de perdre leur emploi. Un inspecteur du travail ainsi que le Tribunal des Prudhommes sont saisis de l’affaire… Mais c’est en vain, car, le 7 avril, le jour même où ils doivent rencontrer l’Inspecteur du travail, les salariés qui ont osé se manifester quittent soudain Lorient et rentrent en Roumanie. Selon la CGT, ils ont subi de fortes pressions et sont trop terrorisés pour témoigner.

Plus de témoignages, plus de preuves et donc plus de procès… Cependant, nombre de faits troublants s’accumulent qui permettent de comprendre comment certaines entreprises délocalisent …. en France même !

Ainsi, la CGT s’interroge sur « l’étonnante pratique » de certaines sociétés sous-traitantes actives sur le site lorientais qui licencient les intérimaires français qu’elles emploient pour embaucher dans la  foulée des intérimaires roumains ou lituaniens. Quel peut-être l’intérêt d’une telle pération sinon faire une économie d’au minimum 1000 euros par employé et par mois ?

Dans la même logique, alors que le chômage reste élevé dans l’agglomération, dans le département et dans la région, pourquoi aller recruter des ouvriers dans des pays situés à plusieurs milliers de kilomètres ?

Et ce n’est pas tout, alors que la DCNS-Lorient se défausse en affirmant ne rien savoir et en vantant la qualité de son service des ressources humaines, il suffit de faire quelques recherches pour se rendre compte que son actuel directeur, Patrick Boissier, était, il y a quelques années, à la tête des Chantiers de l’Atlantique. Or, c’est quant il dirigeait ceux-ci que furent rendues publiques, par les syndicalistes et l’inspection du Travail, des infractions manifestes au code du travail pour  »complicité de travail dissimulé par dissimulation de salarié, complicité de travail dissimulé par dissimulation d’activité, complicité de prêt illicite de main-d’oeuvre et recours abusif au travail temporaire ». De quoi donner raison à la sagesse populaire qui affirme : « Qui a bu, boira » !

Last, but not least, l’affaire a permis au syndicat UNSA, habituellement considéré comme proche du Parti socialiste, de se démarquer de la CGT et de se positionner comme le partenaire idéal du patronat néo-esclavagiste. Ses représentants au Comité central de la DCNS allant jusqu’à oser déclarer le 20 mai dernier : « l’appel à des personnels sous-traitants de nationalité étrangère n’est pas en soi un problème pour l’UNSA 

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