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Quitter l'Euro ne serait pas une catastrophe: La réponse de Marine Le Pen
Les partisans de la monnaie unique agitent régulièrement le spectre du chaos économique
en cas de sortie d’un ou plusieurs pays de la zone euro. Cet argument,
relayé de bonne foi chez certains, et avancé par d’autres pour manipuler l’opinion,
ne résiste pas à l’épreuve des faits et de la raison.
Le chaos économique, certains Etats membres de la zone euro le connaissent
déjà, et les autres le connaîtront bientôt. Afin de préserver la monnaie européenne,
des plans de rigueur sans équivalent se multiplient, partout au détriment
de la croissance et de l’emploi et finalement au détriment des peuples.
Donnons un seul exemple des conséquences économiques et sociales dévastatrices
de ces plans de rigueur : l’Irlande vient de décider une baisse de 11,5%
de son SMIC !
Il est possible de réfléchir à une sortie ordonnée et maîtrisée de l’euro. Des économistes
de renom y réfléchissent et l’idée commence à faire son chemin dans
le débat politique français sous l’impulsion du Front National. Avec un groupe
d’experts, Marine Le Pen a initié une réflexion qui permet de préparer la sortie
de l’euro. Un document qui détaille les 12 étapes essentielles pour sortir de
l’euro a déjà été diffusé et apporte la preuve qu’il est possible d’agir avec responsabilité,
sans précipitation. Il est préférable de penser la fin de l’euro en
toute intelligence, et dans l’intérêt de la France, plutôt que de la subir lorsque
l’euro, monnaie non viable, finira par imploser.
Enfin, et c’est l’objet de la présente note, il y a un précédent en Europe : la sortie
de plusieurs pays du Système Monétaire Européen (SME) en 1992/1993, qui présente
des points communs très instructifs avec la situation actuelle, et qui démontre
que le scénario de l’apocalypse n’est pas crédible.
Au contraire, la restauration de notre liberté monétaire rendrait possible l’installation
de notre pays dans un cercle économique et social vertueux Le Système Monétaire Européen avait été créé en 1979, réunissant d’abord 8 monnaies.
Il prévoyait un système de change quasi fixe entre les monnaies membres,
autour d’un cours pivot.
Durant les années 1980, il n’empêche pas la Communauté Economique
Européenne (CEE) de réaliser de médiocres performances économiques. Le taux
moyen de croissance économique de la CEE est en effet inférieur à celui des Etats-
Unis et du Japon sur cette période. On n’a pas observé non plus de convergence
économique forte entre les pays membres, notamment en ce qui concerne les taux
de chômage, aussi disparates en 1990 qu’en 1980.
Surtout, les crises du SME de 1992-1993 permettent d’établir sur certains
aspects un parallèle très instructif avec la situation que connaît aujourd’hui
la zone euro.
La conclusion principale qu’on peut tirer de ces événements est que les pays
sortis du Système Monétaire Européen ont connu une situation économique
meilleure, alors que les pays qui sont restés, comme la France, ont payé chèrement
ce choix. Déjà à l’époque, les sombres prévisions des élites autoproclamées
et les menaces qu’elles agitaient sur les pays qui sortiraient du SME ont
été totalement contredites.
Notre analyse nous amène à penser que la zone euro est aujourd’hui confrontée
à un scénario similaire à celui de 1992/1993 à différents égards.
Au début des années 1990, la croissance économique ralentit fortement en Europe.
La France connaît ainsi en 1993 sa première récession depuis la seconde guerre
mondiale. Accrochées à un mark allemand très fort, les monnaies membres du
SME étouffent progressivement la vitalité économique de leurs pays respectifs.
A cette période, 8 monnaies sur les 11 membres sont en effet contraintes de
varier de + ou – 2,25% par rapport au cours pivot, ce qui laisse très peu de marges
de manoeuvre. C’était en quelque sorte déjà l’euro, « sans l’euro ».
En 1992/1993, la cassure se précise, entre d’un côté l’Allemagne et la France,
qui choisissent de rester dans le SME, et de l’autre côté le Royaume-Uni, l’Italie
et l’Espagne, qui en sortent. Ainsi, le 13 septembre 1992, la lire italienne est dévaluée
de 7,5%. Quelques jours plus tard, la livre sterling britannique quitte le SME
alors que la peseta espagnole est dévaluée une première fois.
En août 1993, les marges de fluctuation sont élargies à + ou – 15%.
Déjà à l’époque, les « élites »
brandissaient, à tort, le Contre les prévisions des élites et des experts autorisés, on s’aperçoit rapidement
que les gagnants sont les pays qui ont quitté le SME. Dès 1993, la croissance
britannique repart. L’économie est oxygénée à nouveau. L’Italie et l’Espagne
seront dans cette situation favorable à partir de 1994, sous l’effet d’un commerce
extérieur revigoré par les dévaluations compétitives. Alors que la balance commerciale
italienne était lourdement déficitaire entre 1987 et 1992, elle affiche très vite
des excédents importants, durables (un excédent commercial record encore en
1996, qui se dégradera dès que la lire réintégrera le SME pour préparer l’entrée
dans l’Union Economique et Monétaire et l’euro).
Dans ces trois pays, on observe une baisse des taux d’intérêt.
Près de 20 ans plus tard, les économistes reconnaissent que les pays qui
retrouvèrent à l’époque leur liberté monétaire ont été en mesure d’obtenir des
résultats économiques et sociaux supérieurs. Le consensus économique
actuel estime à plusieurs centaines de milliers le nombre d’emplois que le
maintien dogmatique de la France dans le SME a coûté à notre pays.
L’histoire donne actuellement le sentiment de se répéter en partie :
- Une situation économique très dégradée (plus encore aujourd’hui qu’au début
des années 1990 ; la zone euro a connu la récession la plus sévère du monde
en 2009),
- Une monnaie trop forte,
- Un choix politique à opérer entre un ajustement par la monnaie (qui implique
une sortie de l’euro, ce que nous préconisons) ou par les dépenses budgétaires
(ce qui se traduit par les plans d’austérité effroyables déjà imposés à la
Grèce et l’Irlande, c’est le plan de l’UMP, du PS, et du FMI),
- Des « élites » dirigeantes aveuglées par une idéologie, prête à beaucoup de
mensonges pour effrayer les peuples et les dissuader de préparer le plan B de
la sortie de l’euro.
Cette situation doit être analysée à l’aune de l’expérience d’un passé proche. Ce
n’est qu’ainsi que notre pays pourra, de manière concertée, retrouver le chemin de
l’espoir.
L’effet positif de la dévaluation compétitive
Les dévaluations font partie de la vie monétaire traditionnelle. Elles ne sont
ni bonnes, ni mauvaises en soi, elles sont un fait, et une arme dans certains
cas.
Entre 1949 et 1989, le franc a perdu 75% de sa valeur par rapport au mark.
Pourtant, sur la même période, la croissance économique de la France a été
globalement équivalente à celle de la République fédérale d’Allemagne.
Diaboliser la dévaluation comme le font les partisans de « l’euro-à-tout-prix »
n’a donc pas de sens. Il s’agit simplement d’un faux argument, purement idéologique,
destiné à tromper l’opinion publique.
La dévaluation compétitive que permettrait une sortie organisée, et anticipée, de
l’euro n’est d’ailleurs pas le seul avantage que ce choix produirait pour notre pays
et le peuple français. Une politique monétaire nationale permet un niveau d’action
beaucoup plus fin, plus adapté aux réalités nationales. Elle est plus réactive et performante