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Sarko le fédéraliste européen

 

  Voilà un article paru sur le blog  "coulisses de Bruxelles"de Jean Quatremer, un des blogs les mieux renseignés sur l'UE. Dans sa dernière livraison, jean Quatremer nous décrit la volonté réaffirmée du Président Sarkozy de relancer l'intégration européenne. Et oui le projet c'est d'aller vers le fédéralisme.... et cela sans bruit en douceur sans en avertir le peuple français.

 

Comment en finir une fois pour toute avec la crise de la dette souveraine qui ravage la zone euro depuis un an ? Autrement dit, que faut-il faire pour ramener le calme chez des investisseurs tétanisés à l’idée que l’un des dix-sept Etats membres de l’Eurozone ne puisse rembourser sa dette ? L’Europe a joué les pompiers, de l’aide d’urgence à la Grèce à la création d’un Fonds européen de stabilité financière (FEFS), mais cela n’a pas suffi : Athènes a encore vu sa note dégradée vendredi par l’agence Fitch ; désormais, ce sont le Portugal et l’Espagne qui sont menacés de ne plus pouvoir se financer sur les marchés.

Le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, est persuadé que seul un « surcroit d’intégration européenne, notamment sur les plans budgétaire, fiscal et social », comme on l’explique à l’Elysée, permettra de rassurer les marchés. En clair, insiste-t-on dans l’entourage du Président, il faut reprendre très rapidement la marche vers le « fédéralisme » qui a été interrompu en 1999, lors du lancement de la monnaie unique, chacun pensant qu’il pouvait gérer sa politique économique sans se préoccuper des effets sur l’euro.

L’Allemagne et la France veulent donc présenter à leurs partenaires, le plus rapidement possible, un ensemble de mesures afin que la politique monétaire ait enfin son pendant économique, c’est-à-dire une gouvernance commune. « A ce stade, il n’y a pas encore de mesures concrètes que l’on peut lister», reconnait-on à Paris. Mais, et on s’en réjouit, « l’atmosphère a changé en Allemagne : le gouvernement n’a enfin plus d’exclusive et accepte de discuter de tous les sujets sans embarras ». Il faudra sans doute patienter jusqu'au conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement du 4 février et plus probablement des 24 et 25 mars prochain pour qu'un paquet de mesures systémiques soit présenté.

La réponse aux angoisses des marchés se fera à plusieurs niveaux.  Ainsi, les Européens, qui ont bricolé à la hâte, en mai dernier, le FESF, se sont aperçu  il y a quelques semaines qu’en réalité, il ne pouvait emprunter qu’entre 200 et 300 milliards d’euros au tarif « triple A » sur les 440 théoriques : en effet, chaque pays est garant seulement d’une partie des emprunts effectués par le Fonds et tout le monde n’est pas noté triple A… En outre, une partie des sommes empruntées doit être affectée aux réserves. Bref, il va falloir revoir l’architecture afin de lui permettre d’emprunter les 440 milliards prévus, ce qui pourra passer par une augmentation de cette somme, certains pays suggérant un doublement, d’autres, la suppression de tout plafond. Mais Paris, tout comme Berlin et la Commission, ne sont pas favorables à cette solution de peur d’envoyer le signal aux marchés qu’ils se préparent à venir au secours de l’Espagne…

Paris, soutenu par plusieurs Etats membres et la Commission, est aussi favorable à l’élargissement des moyens d’actions du FEFS, par exemple en l’autorisant à intervenir sur le marché secondaire pour racheter des obligations d’Etat en lieu et place de la Banque centrale européenne qui en a déjà acquis près de 80 milliards depuis le mois de mai. Un autre débat a aussi commencé sur le niveau des taux d’intérêts demandés aux pays aidés que certains jugent trop élevés. Les solutions qui seront finalement retenues s'appliqueront bien sûr au futur mécanisme européen qui prendra la suite du FESF en 2013.

Sur le plan budgétaire, le « semestre européen » a été lancé  mercredi dernier par la Commission. Il s’agit d’examiner en commun les projets de budgets nationaux avant qu’ils ne soient soumis aux Parlements nationaux. La France veut aller plus loin en obligeant chaque pays à se doter d’un « programme de convergence interne » afin, par exemple, de régler les problèmes de compétitivité identifiés par Bruxelles. De même, pour Paris, une plus grande souplesse de l’aide européenne ne peut se faire sans une harmonisation progressive (d’abord les assiettes, puis les taux) de la fiscalité des entreprises et du capital au sein de la zone euro. L’harmonisation sociale, « infiniment plus compliquée », comme on le souligne à l’Elysée, est aussi à l’ordre du jour : « si on annonce en commun que l’on va retarder l’âge de la retraite, cela sera le signal que les contraintes budgétaires à venir seront  allégées d’autant ».

 

  C'est notre souveraineté que Nicolas Sarkozy se prépare à abandonner sur l'autel de l'euro. Pour sauver l'Euro on fera disparaître la FranceN'en doutons pas pour l'UMPS c'est vive le fédéralisme, vive l'euro et vive la mondialisation.

Il faudra s'en souvenir en 2012.

 

 

 

 

 

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