En pleine crise européenne de la dette, la Banque centrale européenne a choisi Mario Draghi, actuel gouverneur de la banque d’Italie, pour succéder au français Jean-Claude Trichet dont le mandat prend fin à la présidence de la BCE.
Directeur général du Trésor italien en 1991 à 2001, il a joué un rôle important dans les grandes privatisations italiennes. En 2002, il rejoint la banque d’affaire américaine Goldman Sachs, notamment accusée d’avoir maquillé les comptes de la Grèce à cette période. « Mario Draghi présidait la banque d’affaires américaine au moment où celle-ci, dans les années 2000, aidait la Grèce à maquiller ses comptes publics, rappelait Attac dans un communiqué ce vendredi. Son rôle va être de préserver les intérêts des banques dans l’actuelle crise européenne. »
La BCE, créancière de la Grèce au même titre que l’Union européenne et le FMI, s’oppose à l’idée d’une restructuration de la dette en dépit d’une situation intenable à moyen terme. Un nouveau plan d’aide de 110 milliards d’euros devrait être accordé à la Grèce le 3 juillet à condition qu’elle accepte un nouveau plan d’austérité sur cinq ans.
Après le vote, ce jeudi 23 juin au Parlement européen, du « paquet gouvernance » qui grave dans le marbre les politiques de rigueur pour les pays membre de l’UE, cette nomination est le deuxième soufflet, en deux jours, envoyé aux visages des « indignés » de Grèce et d’Europe mobilisés contre les plans d’austérité