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Le phénomène s'observe chaque année à la même époque: sur les trois premiers mois de 2012, la dette publique de la France a fortement augmenté, selon l'Insee. Elle a bondi de 72,4 milliards d'euros et culmine à 1789,4 milliards d'euros à la fin du mois de mars. De quoi atteindre 98,3% du produit intérieur brut (PIB), en augmentation de 3,3 points.
Principal facteur de cette hausse, la dette de l'État central a gonflé de 46,8 milliards d'euros, principalement en raison de la progression de la dette émise sur les marchés et d'emprunts, tous deux à long terme. «L'État a profité de conditions de financement favorables, c'est-à-dire de taux d'intérêt bas, explique Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas CIB. Il en a donc profité, surtout que les perspectives sont incertaines», étant donné la crise dans la zone euro.
Est-ce également pour profiter de bonnes conditions de refinancement? L'État a fortement augmenté sa trésorerie sur les trois premiers mois de 2012 (+ 21,6 milliards d ‘euros), rapporte l'Insee. Les organismes de sécurité sociale ont fait de même (+ 27,2 milliards).
La France a également vu ses finances plombées par les 9,1 milliards d'euros de prêt accordés dans le cadre des programmes de secours européens. Via le Fonds européen de stabilité financière, Paris a prêté à la Grèce (8,1 milliards d'euros), au Portugal (600 millions) et à l'Irlande (400 millions). Ces prêts ne vont pas aller en diminuant ces prochains trimestres: deux nouveaux pays, l'Espagne et Chypre, ont obtenu l'aide européenne cette semaine.