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Pour la première fois, un chef de gouvernement européen et Président de l’Eurogroup dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas de l’Allemagne d’Angela Merkel. Dans un entretien au Financial Times Deutschland publié jeudi, Jean-Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois s’est en effet inquiété des « grandes réticences qu’il y a » désormais en Allemagne « lorsqu’il s’agit d’Europe ». Il a implicitement mis en cause la chancelière allemande dont les tergiversations dans la crise grecque sont largement responsables de son aggravation : « que l’on jette en priorité un regard de politique intérieure sur les questions européennes au lieu d’un regard européen sur les affaires de politique intérieure, cela me préoccupe ».
C’est gentiment dit, on est entre gens du monde.Mais comme nous l’expliquions dans un précédent article, l’Allemagne après avoir été réintégrée dans la communauté internationale après la guerre par l’Europe, après s’être fait payer sa réunification par l’Europe, s’affranchit peu à peu du carcan européen.Gageons que les prochaines crises financières en Europe (elles arrivent !)verront le renouveau du sentiment national allemand, pour ne pas dire la renaissance du nationalisme allemand.