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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 21:54

 

 

 

 

Rassurés au lendemain de l'annonce du plan européen de stabilisation financière, le 10 mai dernier, les marchés ont vite déchanté: ils ont rapidement renoué avec leur méfiance à l'égard de la dette souveraine des pays du sud de la zone euro et de l'Irlande, comme le montre  l'évolution des CDS . L'effet du plan européen est quasiment effacé, ce qui montre qu'il y a un vrai risque que la crise rebondisse. Les marchés restent d'une nervosité extrême, comme le montre la faiblesse - relative - de l'euro qui ne devrait pas tarder à passer sous la barre des 1,20 dollar, et la moindre mauvaise nouvelle est susceptible de déclencher un sauve-qui-peut général.

Les CDS, ce sont ces contrats d'assurance que les prêteurs souscrivent afin de se couvrir contre le possible défaut d'un Etat. Le marché des CDS s'est autonomisé et fait partie de l'ensemble des produits dérivés: on peut négocier un CDS sans posséder le sous-jacent, c'est-à-dire la dette qui va avec... Un prix élevé indique que les investisseurs craignent un défaut du pays. C'est pour cela que ce marché est plus indicatif que celui des bons d'Etat sur l'état d'esprit des marchés financiers, surtout depuis que la Banque centrale européenne (BCE) rachète de la dette sur le marché secondaire afin de faire baisser -avec succès - les taux d'intérêt.

Or, les prix des CDS montrent que les marchés continuent à croire à un défaut de la Grèce d'ici à cinq ans, le CDS grec se négociant aujourd'hui à plus de 721 points, le niveau qu'il avait atteint quelques jours avant le plan européen du 9 mai. Juste derrière viennent le Portugal (345 points), l'Irlande (260), l'Espagne (247) et l'Italie (234).

Comme me l'expliquait la semaine dernière un opérateur de marché basé à Londres, "la confiance n'est absolument pas revenue. Les marchés continuent à douter du plan européen dont le mode de fonctionnement n'est toujours pas connu et se demandent si les gouvernements de la zone euro sont vraiment sur la même longueur d'onde et donc capables de s'entendre sur la gouvernance économique de la zone". Il est vrai que la cacophonie, soigneusement entretenue par l'Allemagne y est pour beaucoup. Outre les déclarations fracassantes d'Axel Weber, le président de la Bundesbank, qui affaiblissent la BCE, Berlin persiste à refuser de donner une coloration communautaire au plan de sauvetage européen : elle s'oppose à ce  que la société ad hoc qui sera chargée d'emprunter 440 milliards d'euros sur les marchés le fasse à un taux moyen européen. Pour l'Allemagne, elle devra emprunter chaque tranche au taux auquel se finance l'Etat qui garantit ladite tranche du prêt (réparti entre les Etats selon sa participation au capital de la BCE), ce qui revient en fait à mettre en place une série de prêts bilatéraux... De quoi inquiéter effectivement les marchés, puisqu'il n'y a en réalité qu'une solidarité minimale. Surtout, cela montre que Berlin refuse tout progrès vers davantage de fédéralisme budgétaire, seule solution durable à la crise actuelle.

Pour autant, les marchés ont des réactions pour le moins curieuses. Ainsi, ils ne veulent pas voir que la situation du Royaume-Uni est bien pire que celle de la Grèce ou de l'Espagne: le CDS britannique est toujours à 84,6 alors que son déficit public est plus important que celui d'Athènes et que sa dette est en train d'exploser et dépassera dès 2015 celle de la Grèce... C'est exactement la même chose pour les Etats-Unis. Car la question de la dette souveraine ne touche pas que l'Irlande ou les pays du sud de la zone euro, mais l'ensemble des pays développés qui ont dû éponger les effets de la crise bancaire et économique.

Source: Bloomberg – jean Quatremer

 

 

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